Immeuble typique style Nouvelles-Athènes, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT

NOUVELLES ATHÈNES

Au cœur du 9ème arrondissement, la romantique Nouvelle Athènes contraste avec l’animation des quartiers avoisinants : c’est une véritable fenêtre ouverte sur le XIXème siècle !

À l’origine.

Au milieu du XIXème siècle, des promoteurs décident la construction d’hôtels particuliers et de lotissements destinés à loger les classes émergentes et courtisanes. C’est ainsi qu’entre le quartier Opéra, où les théâtres sont nombreux, et celui de Pigalle, où guinguettes et cabarets tiennent le haut du pavé, sont édifiés de nombreux appartements pour comédiens, peintres, écrivains et musiciens. Le nom choisi pour cette élite du mouvement romantique parisien provient du journaliste Dureau de la Malle (1823) : ce sera « Nouvelle Athènes », en référence au style néo-classique, largement inspiré de la Grèce antique avec ses colonnes doriques et ses arcades.

Hôtel de la Paiva, Place Saint-Georges, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT
Hôtel de la Paiva, Place Saint-Georges, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT

Au n°27 de la place Saint-Georges, le premier hôtel (1824) préfigure la physionomie du quartier : ancienne demeure de Thiers, elle abrite au 1er étage sa bibliothèque de 80.000 volumes ! En face, au 28, c’est l’étroite façade de l’hôtel de la Païva (1840) qui étonne tant les décors sont riches et fastes.


Oh des Lorettes !

On a déjà rencontré dans nos lectures ces femmes de petite vertu entretenues par de riches hommes d’affaire dans « Nana » (Zola) et « Splendeurs et misères des courtisanes » (Balzac). Mais c’est le dessinateur au journal Charivari, Gavarni, dont la statue trône au centre de la place Saint-Georges, qui immortalisa le nom de Lorettes (d’où le nom de la rue toute proche, Notre-Dame-de-Lorette). « Femmes ni tout à fait célibataires, ni tout à fait mariées », qualifiées de demi-mondaines, elles sont aussi affublées de noms d’oiseaux, devenant par opposition aux « grisettes », les honnêtes ouvrières, des « grues » !

La statue Gavarni et la bibliothèque Thiers, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT
La statue Gavarni et la bibliothèque Thiers, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT

André Billy en donnait le ton (1909) : « La grue n’est pas un oiseau exclusivement nocturne : on peut la rencontrer durant la seconde moitié de l’après-midi en quête de clients. Au cours de la matinée, elle reste invisible, dissimulée à l’intérieur des maisons meublées et des hôtels garnis : elle dort. Dès que le soleil s’abaisse vers l’Opéra, elle s’habille, ce qui, au bout de deux ou trois heures, est chose faite. C’est alors l’instant de l’apéritif. Les hommes mariés, les industriels ou fonctionnaires sérieux, ne sachant comment occuper le laps de temps qui les sépare du dîner conjugal, se livrent aux douceurs du vermouth et du pernod. La grue qui connaît la vie, sait tirer parti de leur désoeuvrement » (extrait de « Paris vieux et neuf »).


Le théâtre Saint-Georges.

Le théâtre Saint-Georges est un théâtre privé doté d’à peine 500 places. Construit à l’emplacement du magasin « Au Gagne-Petit », il fut aussi le lieu de tournage du film « Le Dernier Métro » de François Truffaut en 1980 et connut une longue période de gloire, notamment sous la direction de Mary Morgan. Ce succès ne s’est pas démenti avec d’autres mises en scène et spectacles.

Théâtre Saint-Georges, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT
Théâtre Saint-Georges, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT

Où ?

→ 51, rue Saint-Georges, Paris 9ème. Tél.: 01 48 78 63 47 / www.theatre-saint-georges.com


Voilà nos amoureux !

Au 54 de la rue Notre-Dame-de-Lorette, Héloïse et Abélard, amants légendaires et doyens du Père-Lachaise sont célébrés dans la pierre. En fonte aussi dans les médaillons de la porte du n°49 où vécut le peintre Pissaro !

Heloise et Abelard, Nouvelle-Athènes, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT
Heloise et Abelard, Nouvelle-Athènes, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT

Le musée Gustave Moreau.

L’hôtel particulier du peintre, l’un des précurseurs du surréalisme, y expose son univers imaginaire peuplé de visions fantastiques : licornes, chimères, femmes diaboliques… Tout un monde ! 

Où ?

→ 14, rue de La Rochefoucauld, Paris 9ème. M° Trinité. Tél.: 01 48 74 38 50 / www.musee-moreau.fr


Le musée de la Vie Romantique.

Romantisme avec un grand « R » pour l’hôtel Scheffer Renan qui abrite le musée : il y flotte encore l’âme et l’esprit de l’élite intellectuelle et artistique du XIXème siècle. Situé au bout d’une petite allée bordée d’arbres, l’endroit appartenait au peintre Ary Scheffer. Il y recevait Delacroix, Ingres, Lamartine, Liszt, Chopin, George Sand auquel le lieu est également consacré.

Où ?

→ 
16, rue Chaptal, Paris 9ème. M° St-Georges, Pigalle, Blanche. Tél.: 01 55 31 95 67 / www.vie-romantique.paris.fr


L’église de la Trinité.

On ne peut la manquer ! Surplombant la place d’Estienne d’Orves, elle est l’œuvre de Ballu, grand admirateur du style Renaissance. Ça se voit. Et quelle nef ! Large et ample. À noter : à l’occasion des Fêtes de la Trinité, la paroisse organise les fêtes annuelles d’avant Noël dans la crypte de l’église avec de nombreuses animations.

L'église de la Trinité, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT
L’église de la Trinité, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT

Où ?

→ 3, place de la Trinité, Paris 9ème. Tél : 01 48 74 12 77 / latriniteparis.com


L’église Notre-Dame-de-Lorette.

Construite entre 1823 et 1836 sur le modèle des basiliques romaines, elle est l’oeuvre de l’architecte Hipolyte Lebas. Elle se caractérise à l’extérieur par son portique à quatre colonnes corinthiennes surmonté d’un fronton triangulaire. À l’intérieur, les vitraux montrent la remise au goût du jour des techniques décoratives anciennes, les sculptures sont de Francisque Joseph Duret, Jean Jacques Elshoecht, Auguste Dumont et Jules Constant Destreez, tandis que les peintures reflètent un retour aux sources du Quattrocento et des Primitifs italiens.

L'église Notre-Dame-des Lorettes, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT
L’église Notre-Dame-des Lorettes, Paris 9ème © Isabelle SIBOUT

Où ?

→ 18 bis, rue de Chateaudun, Paris 9ème. Tél.: 01 48 78 92 72 / www.notredamedelorette.org


 

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