Le lac du parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT

MONTSOURIS

Le Sud de Paris est doté d’un vivifiant poumon vert, le parc de Montsouris, dans le 14ème arrondissement, qu’entourent les nombreux ateliers-artistes des années 1900 à 1930. Un havre de paix.

À partir d’une souris…

Ah les années folles ! Et toute l’avant-garde de l’architecture française avec Le Corbusier, Perret et les autres, qui construisirent pour les “Castors de Montsouris”, Braque et Derain notamment, de splendides villas-ateliers. Toutes sortes d’artistes se retrouvaient dans ce quartier au nom si champêtre : “Montsouris”. 

Une statue dans le parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT
Une statue dans le parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT

Quelle est l’origine d’ailleurs d’une telle expression ? Il semble que cela vienne de “moque souris”, nom que portait l’un des moulins avoisinant la rue de la Tombe-Issoire. L’histoire dit que le sol était si inculte que pas même une souris ne pouvait s’y sustenter. C’est dire… Et pourtant, aujourd’hui, le parc de Montsouris, situé dans la partie sud de Paris, est l’un de ses principaux poumons verts.


Parc à l’Anglaise.

Ce parc à l’Anglaise de quelque 15 hectares fut dessiné dans les années 1860 en réplique au parc des Buttes-Chaumont, sous la direction du fameux baron Haussmann pour être inauguré en 1878. À ce sujet, il est rapporté que le jour même de l’inauguration, le 24 mai, le brigadier s’alarma. À juste titre : le lac était à sec ! On ne le crut pas d’abord. Or, ses dires se confirmèrent : les eaux du lac s’étaient vidées dans les puits de carrière à la suite de l’effondrement des fondations (entraînant même le suicide de l’ingénieur responsable de la catastrophe…). 

Le lac du parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT
Le lac du parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT

À l’origine, on ne trouvait sur le site actuel que des moulins à vent et un dédale souterrain laissé par les carrières. Sans compter les deux lignes de chemin de fer qui traversaient le parc actuel, que les travaux entrepris par l’ingénieur Adolphe Alphand devaient dissimuler : la Petite Ceinture (abandonnée depuis) et la ligne de Sceaux, qu’emprunte aujourd’hui la ligne du RER de manière relativement discrète.


Comme dans d’autres parcs haussmanniens parisiens, on y retrouve la présence d’un lac, autour duquel s’articulent grottes, faux rochers, rambardes en ciment imitant le bois. Le parc propose un paysage vallonné alternant chemins en courbe et pentes douces lui donnant un bel effet de perspective. Aussi fait-il bon d’y flâner, d’y courir son jogging, ou d’y pique-niquer sur les pelouses durant l’été.


Un arbre plus que centenaire, parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT
Un arbre plus que centenaire, parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT

La promenade peut d’ailleurs se faire en toutes saisons : au printemps lorsque les arbres sont en fleurs, en été pour la fraîcheur qu’il offre, en automne lorsque les feuilles des arbres changent de teinte, en hiver lorsque, par chance, la neige pointe le bout de ses flocons et tapisse les toits des maisons-ateliers à côté du parc.


Les oiseaux y sont nombreux : mésanges, merles, pies et pinsons, roitelets, troglodytes, martinets, et l’été, on peut apercevoir volant et virevoltant, les pipistrelles (chauve-souris). Aux abords du lac, on y rencontrera plutôt canards, poules d’eau, mouettes, cygnes. La végétation n’est pas en reste, puisque le parc de Montsouris compte un tulipier de Virginie, un frêne, un gingko biloba, un cèdre du Liban, un hêtre, et des platanes, pour la plupart centenaires. 

Pour les enfants, en plus de l’aire de jeux, il existe le manège aux chevaux de bois, réplique en résine de ceux réalisés par le sculpteur animalier Bailleul dans les années 30.

Un peu au-delà de l’aire de jeux, du théâtre de Guignol et du manège, se trouve le restaurant Pavillon Montsouris qui date de 1898.

Aire de jeux pour les enfants, parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT
Aire de jeux pour les enfants, parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT

Si l’on monte ensuite l’allée de Montsouris sur la droite jusqu’à la station météorologique et la mire de l’Observatoire, on peut suivre de suivre le tracé du méridien de Paris, ligne imaginaire qui traverse la capitale du Sud au Nord. Celui-ci est matérialisé par quelque 130 médaillons de cuivre fixés au sol, en hommage à l’astronome et physicien François Arago (le boulevard portant son nom n’est pas bien loin d’ailleurs…). Neuf se trouvent dans le parc. Si la plupart de ces médaillons ont aujourd’hui disparu, sachez qu’ils sont constitués de deux disques de métal scellés dans le sol.

Où ? 

→ Parc Montsouris 2, rue Gazab, 75014 Paris. M° Porte d’Orléans

→ Restaurant Pavillon Montsouris  20, rue Gazan Paris, 14ème. Tél.: 01 43 13 29 00 / www.pavillon-montsouris.com

Aire de jeux pour les enfants, parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT
Aire de jeux pour les enfants, parc de Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT

Des réservoirs…

Juste à côté du parc se situent les réservoirs de Montsouris où se déversent les eaux des rivières du Loing, du Lunaing, de la Voulzie et de la Vanne, collectées par un aqueduc.
 Créés par l’ingénieur Alphand en 1858, ils servaient à alimenter en eau les Parisiens de la rive gauche, conformément au plan Haussmann, tandis que les verrières des pavillons permettaient de surveiller les eaux. Inaugurés en 1874, ils étaient à l’époque les plus importants au monde. La visite n’étant pas possible, on peut néanmoins les découvrir dans l’une des enquêtes de Nestor Burma, « Les rats de Montsouris » de Léo Mallet (1955).


Et de la folie !


Entre les réservoirs et le parc, on se replonge dans les années folles sur le plan architectural. À commencer par l’avenue Reille et la maison-atelier Ozenfant de Le Corbusier (au n°53). L’intérêt majeur de cette demeure réside dans son volume parallélépipédique à l’intérieur duquel toute la distribution intérieure est constituée de courbes, sans compter les baies vitrées en bandeau jouxtant l’escalier extérieur. 
Si c’est la plus contrastée et la plus fameuse des villas, le Square-de-Montsouris en propose d’autres, tout aussi attractives, telle celle du peintre Foujita (n°3), qui y organisait de grandes fêtes en compagnie de Georges Braque (la rue d’à côté, au n°6), d’André Derain (au n°5) et bien d’autres. Le cubisme imprégnait l’architecture avec de vastes volumes et d’immenses verrières.

Immeuble surplombant le Pavillon Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT
Immeuble surplombant le Pavillon Montsouris, Paris 14ème © Isabelle SIBOUT

Infos

→ 2 rue Gazan Paris 14ème. M° Glacière / http://equipement.paris.fr/parc-montsouris-1810


 

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