Vue de la Basilique du Sacré-Coeur depuis l'allée des Brouillards, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

MONTMARTRE

Montmartre, dans le 18ème arrondissement, est sans nul doute l’un des quartiers les plus contrastés de Paris : la foule du Sacré-Cœur y croise les habitués des terrasses de la rue des Abbesses, les clients des bazars des boulevards celle des abords de l’impassible Moulin de la Galette. Une chose est sûre : un air de liberté souffle toujours sur la butte !

À l’assaut de la Butte.

Berceau de l’histoire de la Commune de Paris en 1871, la butte ne s’assiège pas aisément ! Encore aujourd’hui, il faut de bonnes jambes. Bien pire était le terrain d’alors, crevassé et La caillouteux, quand ses carrières de gypse étaient exploitées.

Rue Paul Albert, Volée d'escaliers, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Rue Paul Albert, Volée d’escaliers, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Le quartier alterne aujourd’hui terrasses en paliers et volées d’escaliers, facilitant la promenade à partir de la Place Blanche : elle tire son nom du passage incessant des voitures chargées de plâtre. Les ânes bâtés n’étant plus là, c’est sur les pas des carriers que l’on amorce à pied la rue Lepic, ancienne rue de l’Empereur. Napoléon, obligé de descendre de son cheval, en fut si contrarié qu’il en ordonna le tracé tout en « S ». Plus franche est la rue Tholozé, qui conduisait aux quinze moulins de l’époque.

Rue Tholozé, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Rue Tholozé, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Dans leurs meules passaient aussi bien le grain des céréales, la pierre des carrières de gypse ou le raisin des vignes. En haut est perché le Blute-Fin dit Moulin de la Galette, le plus ancien et le seul à avoir conservé son mécanisme intérieur.

Le Moulin de la Galette, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Le Moulin de la Galette, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Transformé en célèbre bal, il fait de l’œil au Moulin Radet, autre survivant. Celui-ci nous amène à la place Marcel Aymé et son passe-muraille : l’homme possédait le don de passer à travers les murs sans nullement être incommodé… jusqu’à rencontrer l’amour qui le figea après une nuit passionnée !

Place Marcel Aymé, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Place Marcel Aymé, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Le Passe-Muraille, Montmartre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Le Passe-Muraille, Montmartre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Autre place non moins célèbre : la place Dalida, dont l’âme repose en paix sous les arbres ornant l’endroit.

Place Dalida, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Place Dalida, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Le lieu s’y prête : à la jonction de la rue de l’Abreuvoir et de l’Allée des Brouillards, on s’arrête pour contempler le Château des Brouillards.

L'allée des Brouillards et son château, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
L’allée des Brouillards et son château, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Ancienne « folie » du XVIIIème siècle devenue bal public, il fut racheté début XXème par le violoniste Casadeus, qui donna son nom à la placette conduisant au square Suzanne-Buisson. Y trône la statue du martyr Saint-Denis tenant sa tête entre les mains, après avoir été décapité ! 


Délicieux dédale.

De retour sur nos pas, on emprunte la rue de l’Abreuvoir aux maisons restées intactes, dont l’une présente encore son cadran solaire.

Maisons de la rue de l'Abreuvoir, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Maisons de la rue de l’Abreuvoir, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

À l’angle de la rue des Saules, on s’attable à la célèbre Maison Rose du peintre Utrillo, tandis qu’au détour de la rue Saint-Vincent, le dernier arpent de vigne de Montmartre perpétue le souvenir du vignoble.

La Maison Rose, Rue de l'Abreuvoir, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
La Maison Rose, Rue de l’Abreuvoir, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

En contrebas, autre référence de l’histoire du quartier, le célèbre cabaret Au Lapin Agile ! Drôle de nom que l’enseigne de ce « coffre-fort de l’éternité » : le caricaturiste André Gill avait peint une enseigne représentant un lapin sautant d’une casserole,  » Le lapin à Gill « , qui se changea en Lapin Agile. Ne vous fiez pas aux apparences des volets clos en journée, c’est pour la bonne cause : on y chante jusqu’à tard le soir le répertoire de la chanson française !

Au Lapin Agile, rue des Saules, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Au Lapin Agile, rue des Saules, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Où ?

→ Le Moulin de la Galette 83, rue Lepic, Paris 18ème arrondissement. Tél.: 01 46 06 84 77 / lemoulindelagalette.com

→ Lapin agile 22, rue des Saules, Paris 18ème arrondissement. Tél.: 01 46 06 85 87 / au-lapin-agile.com

→ La Maison Rose 2, rue de l’Abreuvoir, Paris 18ème arrondissement. Tél.: 01 42 57 66 75.


Le Sacré Coeur et la place du Tertre.

Que serait Montmartre sans son Sacré-Cœur ? Édifié en souvenir de la guerre contre la Prusse, sa pierre blanche n’est jamais aussi belle que sous la pluie. Cette magie provient du calcin, substance secrétée en pareille occasion par la pierre calcaire de Château-Landon utilisée pour sa construction.

La Basilique du Sacré-Coeur, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
La Basilique du Sacré-Coeur, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Cet édifice néogothique offre l’un des meilleurs panoramas sur Paris. Mieux : on peut grimper jusqu’à la rotonde de la coupole principale, dotée de 80 colonnes à chapiteaux.

Et si l’on n’aime pas les escaliers, il est aussi accessible par funiculaire : le premier, hydraulique, fut installé en 1899 tout exprès. Des cabines aujourd’hui automatisées glissent sur la rampe qui gravit 37 mètres de dénivellation sur 108 mètres de long. Il faut dire qu’on se trouve à 130 mètres d’altitude !

La Basilique du Sacré-Coeur, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
La Basilique du Sacré-Coeur, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

C’est donc au sommet de Paris que se situe juste à côté la fameuse place du Tertre, l’ancien cœur du village.

Place du Tertre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Place du Tertre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Autant le dire tout de suite : pour se faire immortaliser le portrait, mieux vaut venir le matin pour éviter la foule. C’est aussi l’occasion de goûter au vin de Montmartre dans l’une des brasseries entourant la place.

Plaque de la première voiture Renault, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Plaque de la première voiture Renault, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

S’y trouvait autrefois la première mairie du village, aujourd’hui remplacée par la maison des P’tits Poulbots, ces charmantes silhouettes d’enfant popularisées par le dessinateur Poulbot. Dans la même veine, mais d’une autre époque, la place Emile-Goudeau, celle des artistes peintres (Picasso, Braque…) et des poètes (Mac Orlan, Apollinaire…) : ils se retrouvaient au Bateau-Lavoir (n°13). 

Façade du restaurant Le Poulbot, Rue Poulbot, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Façade du restaurant Le Poulbot, Rue Poulbot, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Où ?

→ Restaurant Le Poulbot 3, rue Poulbot, Paris 18ème arrondissement. Tél. : 01 42 23 32 07.

→ Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre 35, rue du Chevalier de la Barre. Ouverte TLJ de 6h à 22 h30. Visite du Dôme et de la crypte : 01 53 41 89 00 (9h-18h) / www.sacre-coeur-montmartre.com

Utile !

→ Office du Tourisme de Montmartre  21, place du Tertre, Paris 18ème. De 10h à 19h. Tél.: 01 42 62 21 21 / montmartre-guide.com


Comme au village.

Place des Abbesses, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Place des Abbesses, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Plus villageoise est la place des Abbesses avec ses platanes, la station de métro d’Hector Guimard, son manège à l’ancienne pour les enfants, tandis que les parents, assis sur les bancs publics, ont tout le loisir de contempler l’église Saint-Jean-de-Montmartre, premier édifice religieux au décor orientaliste construit en béton armé (1904).

L'église Saint-Jean-de-Montmartre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
L’église Saint-Jean-de-Montmartre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Pour les amoureux, le petit square Jehan-Rictus est idéal pour les déclarations enflammées avec son mur des « je t’aime » en 280 langues !

Le mur des "Je t'aime", Square Jehan-Rictus, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Le mur des « Je t’aime », Square Jehan-Rictus, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Par la rue des Martyrs, hommage aux pèlerins arrivant pieds nus se recueillir dans la chapelle du même nom, on plonge dans la crypte du Martyrium rue Yvonne-Le Tac (n°11) chaque vendredi de 15 h à 18 h, seul créneau possible ! Ce lieu méconnu de Montmartre, pourtant intimement lié à l’histoire du quartier, accueillit les ossements de martyrs chrétiens. Aujourd’hui, des pièces de théâtre y sont données.

Crypte Saint-Denis, rue Yvonne Le Tac, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Crypte Saint-Denis, rue Yvonne Le Tac, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Aux alentours et au gré du regard qui se perd, on trouve encore de vieilles enseignes commerciales et des cours intérieures d’immeubles non dénuées de charme.

Une vieille enseigne de boulangerie, Montmartre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Une vieille enseigne de boulangerie, Montmartre, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Rue La Vieuville, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT
Rue La Vieuville, Paris 18ème © Isabelle SIBOUT

Et aussi, juste à côté…

♦ Cimetière Montmartre.

Son origine remonte à l’exécution des gardes suisses par les insurgés le 10 août 1792 : leurs cadavres furent précipités dans les carrières qui se trouvaient là. Mais il protège aussi le dernier sommeil de célèbres pensionnaires : Berlioz, Stendhal, Zola (avant d’aller au Panthéon), les Goncourt, Offenbach, Degas, Truffaut, Clouzot, Dalida, Michel Berger…

Où ?
 

→ 20, avenue Rachel, Paris 18ème. Tél.: 01 43 28 47 63 / www.equipement.paris.fr

♦ Musée du Vieux Montmartre.

Ne serait-ce que pour la vue depuis ses fenêtres, il faut y aller. Propriété d’un comédien de la troupe de Molière qui mourut – comme lui – sur scène, la demeure accueillit Dufy, Utrillo, Renoir. Objets, peintures, dessins et photographies, une belle collection de souvenirs sur l’ambiance du quartier aux grandes heures de la bohême.

 

 


 

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