Le Temple de la Sybille, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT

BUTTES-CHAUMONT

Situé dans le 19ème arrondissement, le parc des Buttes-Chaumont est le plus escarpé et le plus grand des 426 jardins publics de Paris, à l’exception du jardin des Tuileries et du parc de la Villette. Promenade à l’abri de l’agitation parisienne.

Grandeur nature.

Cet immense espace vert de quelques 25 hectares reçoit plus de 3 millions de visiteurs chaque année. Et pour cause : au centre du lac (1,5 ha de superficie, alimenté par deux ruisseaux) se dresse une île rocheuse, en haut de laquelle émerge le Temple de la Sybille. Occupant l’emplacement de l’ancienne carrière à ciel ouvert, il est une réplique du temple de Tivoli, née du talent de l’architecte Davioud en 1869. Le style est composite : orné de feuilles d’acanthes et de têtes de lion, il comporte huit colonnes et un soubassement en pierre du Jura. On y accède par l’un des deux ponts, appelé la “passerelle suspendue”.

Le Temple de la Sybille, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT
Le Temple de la Sybille, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT

La vue est imprenable : bien sûr, la Villette et ses quartiers, voire bien au-delà, jusqu’aux abords du “93” par temps clair, et sur la gauche, on voit Montmartre et son Sacré-Cœur. Des rampes en rusticage (ciment imitant le bois) bordent quelques chemins et le paysage, constitué de falaises et de rocailles, offre de nombreuses plantations.


La passerelle suspendue du parc des Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT
La passerelle suspendue du parc des Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT

Le parc des Buttes-Chaumont est en effet le plus diversifié des jardins de Paris en variétés d’essences : un sophora dont les branches tordues semblent irrésistiblement attirées vers les eaux du lac, un platane d’Orient planté en 1863 qui en impose avec ses 6,35 mètres de circonférence, un février d’Amérique, un noisetier de Byzance, deux ginkgos bilobas, un orme de Sibérie, un cèdre du Liban planté en 1880…


Cet environnement est particulièrement apprécié par une multitude d’oiseaux qui se partagent le site : mouettes, poules d’eau, canards, pigeons, corneilles et corbeaux, étourneaux, pies, merles, mésanges charbonnières, mésanges bleues, verdiers, pinsons, une bergeronnette aux plumages jaune et gris… Mention spéciale au héron, qui trône en chef d’orchestre toute cette tribu volatile. De temps en temps, on peut le voir se percher sur la passerelle suspendue.


Quelle histoire !

Certes, le parc des Buttes-Chaumont est beau, grand, majestueux : il constitue l’archétype même du parc haussmannien. Mais avant de parvenir au résultat que l’on connaît aujourd’hui, il a connu de nombreux bouleversements. 
Longtemps terrain non fertile, il n’était guère utilisé auparavant, si ce n’est un gibet installé au XIIIème siècle. L’histoire dit qu’il y resta jusqu’à la chute de Louis XVI… Le creusement des carrières de gypse sur la Butte Chaumont commença après la Révolution, modifiant sa physionomie initiale, “chaumont” provenant vraisemblablement de la contraction des mots “chauve” (calvus en latin) et “mont” (mons en latin). Les Romains avaient déjà découvert que cette précieuse matière, chauffée à 120°C, se transformait en plâtre, donnant à la capitale à l’époque son titre de “Lutèce la blanche”. Ainsi, non loin du parc se trouve la rue des Chaufourniers, où le gypse était acheminé pour être chauffé dans les fours à chaux (d’où le nom de cette rue). Et puis… les choses se gâtèrent.

Une des entrées du parc des Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT
Une des entrées du parc des Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT

Car le site escarpé et inculte servait aussi de bassin d’épuration, de décharge à ciel ouvert où l’on se débarrassait des cadavres de chevaux (pour boucher les trous après extraction du gypse !), d’abri pour les sans-logis (qui se réchauffaient près des fours), et de repaire pour les brigands. L’endroit était donc plutôt malfamé et sale. Si jusque-là, la pratique de décharge était tolérée – le site se situant aux limites de Paris -, Haussmann passa par là. Et les choses sérieuses commencèrent.
 Son objectif était l’assainissement de l’alimentation en eau dans tout Paris. Les carrières furent fermées en 1860, et en 1863, l’Etat fit l’acquisition du terrain alors complètement désolé pour le transformer en somptueux jardin. Près de quatre années furent nécessaires pour réaliser les travaux titanesques de terrassement (800.000 m3 !) et créer les aménagements paysagers qui agrémentent aujourd’hui le parc.

Le paysagiste Jean-Charles Alphand rompit avec la tradition des jardins à la Française, en voulant faire prolonger ”le jardin avec la ville” (nette tendance que l’on retrouve aujourd’hui). Les anciennes carrières sont métamorphosées, un lac est creusé, et une grotte ornée de fausses stalactites, faisant jaillir cascades et ruisseaux, est réalisée.
 C’est donc en 1867 que le parc des Buttes-Chaumont est inauguré (un 1er avril…), en même temps que l’Exposition Universelle du Champ-de- Mars. Dans ce lieu dédié à la détente, on commençait à entrevoir les débuts de la mixité sociale, constituée des premiers ouvriers libres le dimanche et les aristocrates du quartier, mixité que l’on retrouve aujourd’hui.

Vue de la Mairie et du lac du parc, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT
Vue de la Mairie et du lac du parc, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT

Un pavillon restauré.

Après plus de dix ans de fermeture, le Pavillon du Lac a ré-ouvert ses portes en avril 2010. Situé au cœur du parc, face à la passerelle, ce joli pavillon de brique et de verre du XIXème siècle a été restauré dans son aspect d’origine. De type néo-bistrot, il comprend un restaurant, un salon de thé et quatre terrasses extérieures offrant une vue imprenable sur le lac en contrebas. Joggers, familles, étudiants, employés… viennent se restaurer, prendre un verre, passer un moment agréable, écouter de la musique, danser, et même prendre des cours de cuisine… 

Le Pavillon du Lac, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT
Le Pavillon du Lac, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT

Les grandes manifestations (Nuit Blanche, Fête de la musique) et les festivals du quartier y trouvent leur prolongement. Un lieu festif et culinaire convivial à ne pas manquer.

Où ? 

→ Pavillon du Lac. Tél.: 01 42 00 07 21 / www.lepavillondulac.fr


Et aussi …

Pour le goûter, près de l’entrée principale, face à la mairie du 19ème, petits et grands peuvent prendre leur goûter au Chalet à gaufres et à crêpes. 
Pour un vrai repas côté rue Simon Bolivar, rendez-vous au restaurant, le Pavillon Puebla devenu l’un des endroits les plus branchés du moment ! 

Où ? 

Pavillon Puebla Avenue Darcel, dans le parc. Réservation conseillée. Tél. : 01 42 39 34 20.

Le Rosa Bonheur, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT
Le Rosa Bonheur, Buttes-Chaumont, Paris 19ème © Isabelle SIBOUT

Pour un verre, une salade et une danse, c’est au Rosa Bonheur que ça se passe ! Située avenue des Cascades dans le parc, cette bâtisse verte et rose a de faux airs de guinguette campagnarde, et sa terrasse extérieure permet de prendre le frais en été.

Où ? 

→ Rosa Bonheur. Tél.: 01 42 00 00 45 / www.rosabonheur.fr


Y aller :  

Rues Botzaris, Crimée ou Manin. M° Laumière, Botzaris, Buttes-Chaumont. Bus : 26, 48, 60.


Tous les jours, en été (du 1er mai au 30 sept.) de 7h à 22h, et en hiver (du 30 sept. au 30 avril) de 7h à 21h.

À voir :

♦ Le Temple de la Sybille

♦ La grande cascade

♦ La grotte (14 m de large et 20 m de haut), décorée de stalactites dont les plus grandes atteignent 8 m, qui se situe à l’entrée d’une carrière souterraine

♦ Le chemin des aiguilles (escalier) et ses 200 marches creusées dans la roche artificielle


♦ Le lac et les deux ponts.


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